France Info Dimanche 6 Octobre 2002 : 1, 2, 3 Mérous

C'est un drôle de recensement qui commence demain à Port-Cros : le comptage des mérous.
Depuis 10 ans, le poisson est protégé par un moratoire qui interdit la chasse sous-marine de cette espèce. Curieux et débonnaire le mérou fait volontiers le premier pas quand il voit arriver un plongeur et la pêche sportive se transformait vite en massacre.
Depuis le moratoire, la famille du mérou s'agrandit : à Port-Cros par exemple on en comptait 85 il y a 10 ans, 300 en 99 date de la dernière opération de recensement.
Port-Cros est un espace protégé mais il témoigne de la dynamique de la population. Hier on voyait surtout de gros adultes. Aujourd'hui on observe de plus en plus de jeunes donc de femelles. Car le mérou est un caméléon qui change de sexe au cours de sa vie. D'abord femelle jusqu'à l'âge de 7 ans, il devient mâle.
Le moratoire a prouvé son efficacité mais il arrive à échéance en décembre prochain et les scientifiques du GEM, le Groupe d'Etude du Mérou plaident pour sa reconduction. Un mérou vivant vaut plus cher qu'un poisson mort affirme Philippe Robert, le Président du GEM : il génère 1 000 fois plus de retombées économiques et touristiques.
Le mérou n'est pas menacé par la pêche professionnelle : grâce à sa vision binoculaire, il repère très bien les filets et les évite. Les prélèvements sont accessoires. En revanche, le plongeur et son harpon ne rentrent jamais bredouilles.
La réapparition du mérou n'est sans doute pas liée uniquement au moratoire. Le mérou avait l'habitude de se reproduire au sud de la Corse. S'il est revenu vivre ses histoires d'amour le long des côtes continentales, c'est aussi parce que la Méditerranée s'est réchauffée.